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Réinventons la Gauche

Mercredi 3 juin 2009

Messages de Jean-Pierre MIGNARD, Président de Désirs d'avenir

et de Monique SALIOU, candidate sur la liste PS en Ile de France

 

 
Chers amis,

J'adhère évidemment à l'appel ci-dessous de Monique SALIOU.

Je vous appelle à voter pour les candidats socialistes en Ile de France et ailleurs.

Je vous appelle à élire des candidats qui veulent que l'Europe soit rendue aux peuples et que  les peuples s'unissent pour l'Europe,
seul moyen politique de pouvoir infléchir la mondialisation dans autre chose qu'un terrain de jeux pour les oligarchies.
Nous avons l'Europe technocratique de la commission, l'Europe inter-gouvernementale  du conseil européen, il n'y a que le parlement
européen qui soit l'embryon de l'Europe des peuples.
Alors renforçons le et votons pour nos candidats.

Amicalement,

Jean Pierre MIGNARD

Président de Désirs d'avenir


 

 








Chers amis,

Cette campagne pour les élections européennes m'a permis de rencontrer beaucoup d'entre vous en Ile de France. Militants du PS et/ou de Désirs d'Avenir, sympathisants, vous avez envie de voter en conscience et non par réflexe partisan. Vous avez voulu comprendre les programmes et les enjeux, débattre sur l'avenir de l'Europe. Convaincus, vous avez donné beaucoup de votre temps pour préparer des réunions, organiser des balades, des distributions sur les marchés. Beaucoup peuvent nous envier notre énergie, notre belle humeur, notre sérieux aussi.

Nous entrons désormais dans la phase ultime de la campagne. Rien n'est joué : les sondages n'ont jamais donné les résultats précis lors des élections européennes et personne n'avait prévu, en 2004, le bon score du Parti socialiste. A ceux qui ont déjà beaucoup donné et avec enthousiasme, je dis : continuons jusqu'à samedi soir minuit ! Convainquons un par un les abstentionnistes ou ceux qui sont tentés par d'autres listes ! Une grande partie de nos concitoyens n'a toujours pas fait son choix.

A ceux qui hésitent encore, je leur demande de bien réfléchir. Les lendemains de votes d'humeur sont amers : nous en avons déjà fait l'expérience. Je ne veux pas donner dans la grandiloquence – on me reprocherait plutôt l'inverse – mais quand on vote, le seul considérant doit être : qu'est ce qui, aujourd’hui, selon moi, est le mieux pour mon pays ? Le souvenir, certes détestable, du congrès de Reims ou la dernière mesquinerie du secrétaire de section issu d'une autre motion ne peuvent pas déterminer un vote.

Notre pays, c'est à la fois la France et l'Europe, les enjeux politiques sont les mêmes. Voulons-nous, le soir du 7 juin, une droite européenne renforcée, un Sarkozy triomphant, parce que l'UMP sera arrivé largement en tête devant le PS, sachant qu'aucun grand média ne comptabilisera le total des autres voix ? C'est le message que, comme Français, nous voulons envoyer aux vingt six autres peuples européens ?

Et le lendemain du vote, quand il faudra que les parlementaires européens se mettent au travail, préparent des directives, s'opposent aux projets d'une Commission qui, composée par 19 gouvernements de droite sur 27 en Europe, ne changera pas de couleur, qui saura, pourra constituer un contre pouvoir ? Sûrement pas le député français isolé venu d'une formation inexistante dans le reste de l'Europe (extrême gauche). Pas davantage quelques Verts peu représentés et surtout très divisés (en République tchèque, ils participent à un gouvernement
de droite dure), et encore moins le MODEM dont les députés votent avec la droite sur les services publics notamment.

Au Parlement européen, il y a d'une part la droite du Parti populaire européen (PPE) dont fait partie l’UMP et d'autre part le PSE. Tout le reste pèse peu ou pas, et en tout cas est totalement incapable de faire bouger les choses. Or, nous avons besoin que les choses bougent.

Désirs d'Avenir porte un espoir de renouveau pour la France mais aussi pour l'Europe. Ségolène a su s'inscrire dans le débat pour la refondation des gauches européennes. Elle l'a fait à Athènes, elle l'a fait au meeting de Rézé avec un discours dont la hauteur de vues tranchait sur d'autres propos. C'est de cette hauteur de vues que nous devons nous inspirer en donnant à la sociale démocratie européenne toute sa chance pour ouvrir de nouvelles voies en Europe, pour faire grandir le désir d'Europe.

Le 7 juin, votons pour les listes socialistes et en Ile de France pour la liste conduite par Harlem Désir.

Monique SALIOU
Vice présidente de Désirs d'avenir


Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les envoyer à : desirsdavenir75@gmail.com

Samedi 6 juin, la campagne continue toute la journée !
Retrouvons-nous nombreux à partir de 12h pour un pique nique militant à proximité de l'Eglise
Saint-Eustache, aux Halles.

                          

Comme samedi dernier lors de notre balade, nous y rencontrerons de très nombreux Franciliens.
Voir PJ pour plus d'infos ainsi que les liens suivants  :


http://desirsdavenirparis.over-blog.com/pages/Agenda_et_evenements-1243925.html
évènement Facebook : http://www.facebook.com/event.php?eid=92786875807&ref=nf
 
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Samedi 30 mai 2009

Ségolène Royal : discours de Rezé 27 mai 2009

royal

Ségolène Royal - Discours de Rezé

Mercredi 27 mai 2009
(Rappel : seul le prononcé fait foi)
Retrouvez le discours de Ségolène Royal sur la WebTV du site et en bas de cet article
 
Chère Martine, Cher Jean-Marc, Chers Jacques et Jean-Yves les présidents des Régions Pays de Loire et Bretagne, Dominique, Chère Bernadette (Vergnaud), Chers candidats aux élections européennes dans la grande région Ouest et Cher Gilles, maire de Rezé.
 
J’aperçois de nombreux députés et sénateurs de la grande circonscription ouest, je les salue. Delphine, Guillaume
 
Je ne peux pas m’empêcher de vous dire le bonheur de vous retrouver d’être là tous ensemble et dans l’unité, côte à côte avec toi Martine, les militants sont heureux de nous voir ensemble. N’est ce pas que ça fait du bien ?
Divisés, les socialistes perdent.
Unis, les socialistes peuvent gagner.
 
Ici et maintenant, à Rezé, nous allons réconcilier la gauche avec l’envie de gagner. Gagner pour agir. Nous sommes heureux d’être ensemble et la puissance de l’unité, du rassemblement va donner, j’en suis certaine, un sursaut à notre campagne.
Rien ne peut se faire sans l’unité de la gauche.
 
Et l’unité de la gauche ne peut se faire sans l’unité des socialistes.
Pour contrer une droite puissante et arrogante qui vient de nous inventer le travail à domicile pour les salariés malades et les femmes enceintes, nous nous avons la puissance de notre idéal de justice et de fraternité.
 
Aujourd’hui, ce qui menace, c’est l’abstention, l’indifférence parfois même le dégoût.
Le pire c’est que ceux qui aujourd’hui ne veulent pas venir voter, sont les victimes de l’Europe libérale, les ouvriers licenciés, les familles basculées, les jeunes sans avenir.
A toutes celles et à tous ceux qui se détournent des urnes, je dis que nous comprenons leur détresse mais je dis que sans eux, l’Europe sociale ne se fera pas.
 
L’Europe sociale a besoin du peuple. Car si l’Europe se fait sans les peuples elle se fera contre les peuples ! Chaque voix qui manque, est une voix donnée à la droite, qui veut que rien ne change, qui a livré l’Europe aux oiseaux de proie à l’appétit de profits sans limites, qui a retiré toutes les règles, dressé les ouvriers les uns contre les autres, frontière contre frontière.
 
La droite a tout à redouter d’une Europe des peuples, d’une Europe sociale, d’une union des salariés, imposant une autre répartition des profits, une vraie démocratie dans les entreprises, que les valeurs humaines l’emportent sur les valeurs financières.
 
Ecoutez ce que disaient les « Conti » de Clairvoix en manifestant en Allemagne avec les ouvriers allemands : « on voudrait nous mettre en concurrence mais nous sommes main dans la main, poing dans le poing, Français, Allemands, Européens ».
Poing dans le poing. Salariés, cadres, jeunes, femmes, retraités d’Europe, unissons-nous, tous ceux qui veulent pour leurs enfants des jours meilleurs, unissons-nous.
Unissons-nous malgré les épreuves, malgré les doutes, malgré les peurs, malgré le ras le bol, malgré le découragement.
 
Unissons-nous pour l’Europe sociale. Personne d’autre que la gauche pour la construire. Personne.
 
Et dans socialiste il y a social, et c’est sur nous que repose la responsabilité et le devoir de faire l’Europe Sociale.
 
C’est pourquoi, je lance un appel vibrant à la participation. Les travailleurs frappés de plein fouet par la crise libérale et financière doivent être au premier plan de l’Europe sociale.
 
Salariés de Gandrange « l’Europe sociale a besoin de vous ».
Salariés de Continental « l’Europe sociale a besoin de vous ».
 
Salarié de Molex, d’Heuliez, de Peugeot, « l’Europe sociale a besoin de vous ».
Salariés de toutes les entreprises menacées, fragilisées, subissant des plans de licenciement dont plusieurs dizaines annoncées encore ce matin à travers toute l’Europe.
 
Nous sommes solidaires de vous, qui subissez les logiques féroces du capitalisme financier.
 
Salariés de Natixis, Calyon, Sanofi-Aventis, MBO et Innovex, Continental, Renault, Valeo, Tyco Electronics, Faurecia, Rieter, Fulmen, Scapa, Amora, Alcatel-Lucent, Nufarm, Hewlette-Packard, Celanes, l’Europe a besoin de vous.
Femmes discriminées dans leur salaire, salariés précaires, jeunes sans emploi et sans espoir, artisans et commerçants, l’Europe sociale a besoin de vous.
 
Agriculteurs, producteurs de lait en colère, chefs d’entreprise, entrepreneurs sans soutien bancaire, l’Europe sociale a besoin de vous.
 
Enseignants et chercheurs abandonnés, l’Europe sociale a besoin de vous.
 
Salariés de tous les secteurs publics, éducation, recherche, hôpital, transports, justice, police, défense nationale, l’Europe sociale a besoin de vous.
 
Travailleurs étrangers malmenés, l’Europe sociale a besoin de vous.
 
Oui, l’Europe sociale a besoin de vous, et, bien au-delà des socialistes, toutes celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’axe Sarko-berlusconien et qui le refusez, mobilisez-vous !
 
Parce que nous avons soif de liberté d’expression, de dignité, de respect, de culture, d’éducation, de valeurs morales.
 
Oui, pour tout cela, mobilisons massivement.
 
Et c'est pourquoi je lance un appel vibrant à la participation.
 
La crise nous donne une leçon. Elle nous aura montré que par delà nos différences, nous affrontons les mêmes séismes et les mêmes défis.
 
Je lance ce soir un appel à un nouveau patriotisme européen, un esprit d’engagement et de responsabilité.
 
C’est parce que vous serez nombreux et exigeants que nous aurons, comme le dit la belle devise de l’Internationale socialiste « Le courage de faire la différence ».
 
C’est quoi faire la différence ?
 
C’est que l’esprit de paix l’emporte sur les conflits et les souffrances, que la justice sociale l’emporte sur l’injustice libérale, que la culture l’emporte sur l’obscurité, que le respect l’emporte sur le racisme ordinaire , que la générosité de la vie l’emporte sur la brutalité qui humilie, que la cohésion l’emporte sur la division, que la fraternité l’emporte sur toutes les formes de mesquinerie et que la construction d’une sécurité et d’un ordre juste – avec une justice et une police républicaine, dotée de moyens et de considération – l’emporte sur l’hystérie législative de la droite pour mieux faire oublier qu’elle est chargée de ces questions depuis 2002 ; qui fait que la République ne sait plus où elle en est lorsque des enfants de 6 ans sont mis en garde à vue pour un vol de vélo qu’il n’ont pas pris.
 
Venez voter toutes celles et ceux qui veulent que ça change. Ne vous abstenez pas.
 
Le combat est difficile mais tellement important. La confiance est à reconquérir. Tout devrait réussir à la gauche européenne. La faillite de Wall Street et la crise financière mondiale ont entraîné la condamnation du libéralisme et ont fait place à des demandes que la gauche a toujours défendues : le besoin d’Etat, la demande de protection sociale, des règles financières réelles, la nécessité de mettre la finance au service de l’économie et l’économie au service du progrès humain, l’urgence écologique
 
Seulement voilà, les droites au pouvoir ont aussi compris cette mutation. Et après avoir, comme la droite en France, promis les ruptures libérales et même affirmé leur admiration du système des prêts hypothécaires de l’administration Bush, parce qu’au lieu de distribuer du pouvoir d’achat elles ont distribué du crédit, les droites retournent leur veste et reprennent sans vergogne le vocabulaire de la gauche, sans changer pour autant de politique : mollesse dans la régulation d’un système bancaire qui n’en fait toujours qu’à sa tête, injustice fiscale insolente qui perdure, des paradis fiscaux d'autant plus prospères que les dénonciations n'ont été suivi d'aucunes actions, des services publics en détresse comme l’enseignement supérieur , l’hôpital, la culture et la recherche.
 
Qu’est ce qu’un contrat non tenu ? N’est ce pas un abus de confiance ? Une promesse non tenue, n’est ce pas un abus de confiance ?
 
Et enfin – et la liste n’est pas close – une timidité coupable de la droite dans les politiques de développement durable alors que le réchauffement planétaire s’accélère et qu’il y a, dans la croissance verte, la clé d’un combat victorieux contre la désindustrialisation de l’Europe.
 
Et qui peut dire que les valeurs écologiques ne sont pas de gauche ? Elles le sont. Profondément. Voilà pourquoi.
 
Penser aux générations futures avant de penser à soi-même, partager un patrimoine que l’on sait limité, réparer ce qui a été détruit par l’autre, économiser l’eau même si on la croit abondante, penser qu’à l’autre bout de la planète, des centaines de millions d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable et que les guerres, les déplacements massifs de population viendront désormais de la lutte pour l’accès à l’eau potable. Oui, ces raisons et ces façons de faire et de penser sont passionnément de gauche.
 
La crise a révélé notre communauté de destin. De Paris à Vilnius, de Stockholm à Athènes, il existe une fraternité de ceux qui souffrent et qui espèrent, une fraternité des peuples, et une « communauté des ébranlés » pour reprendre le beau et le puissant concept du philosophe Jan Patockà.
 
Notre devoir est là, à nous les gauches européennes, c’est la tâche historique de notre génération, au même titre que celle d’avant nous a fait l’élargissement et la réunification après la chute du mur, et que celle d’avant a fait l’Europe après les horreurs de la guerre.
 
            Oui, la tâche historique de notre génération c’est de transformer les ébranlements, les basculements de notre époque pour construire, grâce à un idéal d’avenir commun, une nouvelle harmonie humaine, bâtie sur des actions concrètes et efficaces.
Oui, je crois que nous sommes engagés dans une profonde mutation, ce basculement des repères, et c’est à nous, socialistes européens, de construire cette nouvelle civilisation.
Regardez la carte politique de l’Europe.
 
Le constat est là. Au fil de la décennie qui vient de s’écouler, nous avons assisté à l’impitoyable progression de cette droite décomplexée qui séduit en flattant ce qu’il y a de plus négatif dans la nature humaine :
 
- l’individualisme là où nous, nous pensons qu’il ne peut y avoir concorde civile que dans la cohésion sociale. 
 
- l’avidité : boulimie d’argent , de bénéfices, de stock options, d’acquisitions, de pouvoir , de retraites chapeaux, de parachutes dorés : là ou nous, nous pensons que le progrès social passe par le soutien aux entreprises mais aussi   par une redistribution plus juste. 
- la brutalité : le plus fort écrase le plus faible, là où nous, nous pensons qu’il faut avant tout rendre leur dignité humaine à ceux qui se sentent humiliés.
 
- l’imposture : faire croire aux pauvres qu’ils peuvent devenir riches et aux classes moyennes qu’elles peuvent progresser alors que jamais le descenseur social n’a été aussi cruel.
 
- le populisme : diviser, dresser certaines catégories les unes contre les autres, menacer, puis flatter. Là où nous, socialistes, pensons que le respect de chacun, du citoyen au parlementaire d’opposition, du journaliste critique au salarié ou à l’étudiant en grève est une condition des réformes efficaces et rapides.
 
 
- la démagogie : vider les mots de leur sens tout en préservant les privilèges fiscaux et clientélistes pour leurs amis. Là où nous socialistes pensons que les citoyens éclairés ont droit à un langage de vérité.
 
Les voilà les repères de cette droite décomplexée dite «  moderne » : individualisme, avidité, brutalité, imposture , populisme et démagogie.
 
A ce cynisme libéral, nous devons opposer la réconciliation sociale. La tâche est difficile, mais parce que nos idées sont plus grandes que nous et que nous les servons, nous aurons la force de réussir.
 
La réconciliation sociale est un vaste chantier.
 
- réconcilier le citoyen avec cette Europe qui semble si lointaine. Une Europe qui ne doit plus être étrangère à la souffrance de ses ouvriers, licenciés dans le flot des délocalisations, de ses cadres moyens, qui se demandent s’ils vont eux aussi préserver leur emploi, de cette jeunesse , frappée plus que tout autre catégorie par le chômage et par un mal plus pernicieux encore : l’impossibilité à imaginer le futur.
 
- Il faut aussi réconcilier la gauche avec la radicalité qui se développe partout en Europe.
 
Oui je crois qu’il faut se battre, donner de la voix, mener le rapport de force jusqu’au bout lorsqu’une situation est parfaitement injuste et qu’elle résulte d’un cynisme absolu de quelques prédateurs financiers avec la complicité des pouvoirs en place.
 
            Parce que nous sommes de gauche, nous avons aussi le devoir d’agir puissamment en faveur des jeunes, qui sont particulièrement frappés par le chômage en Europe ; cette jeunesse en colère qui , manifeste un peu partout avec tant de force son angoisse de demain.
 
C’est à nous, socialistes européens, de mener ce grand plan de lutte contre le chômage des jeunes, véritable fléau qui frappe les 27 pays de l’Union.
 
Non, ne nous résignons pas à voir triompher, année après années, en Europe les forces les plus conservatrices qui divisent là où nous devons unir.
 
Non, ne nous résignons pas à l’avidité des plus fort là ou nous devons protéger les plus vulnérables.
 
Non, ne nous résignons pas aux préjugés et aux idées reçues là ou nous devons inventer et briser les dogmes dépassés.
 
Non, ne nous résignons pas au repli identitaire là où nous devons regarder au-delà de la ligne d’horizon.
 
Oui, c’est notre mission historique, à nous socialistes européens, de retrouver notre unité, notre combativité, notre efficacité pour faire triompher ce social-humanisme du 21 ième siècle.
 
            Chers amis, chers camarades,
 
Un mot pour conclure.
Je voudrais m’adresser à nos candidats, dont je souhaite qu’ils soient demain tous nos députés européens.
Je voudrais leur dire combien grande est la mission d’un élu du peuple. Mais la vôtre, la leur, est particulière. Elle est unique.
 
Demain à Strasbourg et à Bruxelles, vous serez les peuples de l’Union européenne ; vous serez les peuples d’Europe.
Vous serez porteurs de nos espérances. Alors ne les décevez pas.
 
Vous travaillerez, vous assisterez aux séances, vous ferez des lois, vous ferez tout cela et nous le savons.
 
Mais vous devez faire plus, vous devez faire l’Europe unie, l’Europe unie des peuples d’Europe.
 
Votre mandat sera peut être historique, il dépend de vous qu’il le soit.
La crise arase les statuts, les salaires dévalent la pente, l’insécurité sociale grandit, le climat malade bouleverse nos équilibres, l’environnement est pollué par la cupidité.
 
Il y a urgence.
 
Et comme toujours, dans ces moments là, les mauvais démons de la xénophobie, du nationalisme revanchard, ou de la haine communautariste sont à l’affût.
 
Alors il faut que les peuples s’unissent. Et pour cela il faut que les élus, les députés, donnent l’exemple de l’union, le signal de la marche en avant.
 
Face aux périls nous aurons besoin d’un continent uni.
Face aux dangers, nous aurons besoin d’un parlement à l’avant-garde de la démocratie en Europe. Portant la voie des peuples.
 
Nous aurons besoin d’un gouvernement démocratique en Europe, pas seulement d’un gouvernement économique, pas seulement d’un directoire de la zone euro.
 
Car quand les dangers se feront plus pressants nous devront décider en commun de notre avenir.
 
Il est là le moment. Le rêve d’hier des bâtisseurs. Elle est là, la nécessité pour demain.
Il est là le tournant, le message secret des berlinois qui éboulaient le mur de Berlin, rassemblant deux villes en une seule, deux Europe en une seule.
 
C’est cela qu’attendent, même confusément, les peuples. Et c’est cela qui les dépite, tellement nous leur répondons en deçà de leurs désirs, nos désirs, parfois les plus enfouis.
 
Nous peuples d’Europe nous ne demandons pas une directive de plus, même si c’est utile.
Nous ne demandons pas un règlement de plus, même si c’est indispensable.
 
Nous socialistes, nous peuples d’Europe qui voulons une vie meilleure, nous voulons plus d’Europe et, mieux encore, une Europe de plus.
 
Une Europe plus juste, plus attentive, plus démocratique, plus efficace, plus passionnée, plus combative pour la paix du monde. Qui, par exemple, est capable de se dresser contre la junte birmane en gelant leurs avoirs financiers pour obtenir la libération d’Aung San Suu Kyi. Par exemple en soutenant la Fédération Internationale des Droits de l’Homme qui a fait la proposition de priver la junte de ses revenus gaziers en les versant sur un compte placé sous séquestre et sous le contrôle de la Communauté internationale, tant que persistera en Birmanie l’asservissement d’un peuple.
 
A vous les députés européens socialistes de saisir toutes les occasions pour faire bouger les lignes et laisser envahir d’espoir les travées du Parlement européen.
 
A vous de décider que nos prochaines listes seront transnationales ;
 
A vous de décider que nous élirons un président de l’Europe ;
 
A vous de décider le moment venu qu’il faut enfin créer les Etats-Unis d’Europe.
 
Saisissez l’occasion, ne la laissez pas passer, elle sera historique. N’écoutez pas le moment venu ceux qui vous diraient que ce n’est pas votre mandat. Les délégués des Etats généraux n’avaient pas reçu non plus le mandat de décréter les droits de l’homme.
Et pourtant ils l’ont fait. Et qui songerait à leur reproche ?
 
N’hésitez pas à faire rentrer l’Europe dans l’histoire.
 
Appelez les parlements nationaux en renfort. Ils vous rejoindront.
Appelez les peuples en soutien, ils convergeront.
 
Des obstacles vous en aurez. Les forces de l’argent vous barreront le chemin. Et si vous trébuchez, relevez-vous. Reprenez votre souffle pour continuer l’effort jusqu’à la ligne d’arrivée.
 
Ce jour là, enlevez vos écouteurs et écoutez le tumulte des places et des rues, la joie et la fête, un langage qui se passe de traduction, le langage des peuples unis.
 
Ce jour là vous proclamerez les Etats-Unis d’Europe.
 
Et si ce n’est pas ce jour là ce sera le lendemain, et si ce n’est pas le lendemain, remettez vous au combat et à l’ouvrage. Mais ce jour viendra.
Sinon, l’alternative nous la connaissons parfaitement et il n’y aura pas d’échappatoire lorsqu’il faudra dresser les bilans :
 
Ou l’Europe marche vers l’unité politique, ou elle se disloquera dans les nationalismes. Et souvenons-nous de François Mitterrand, le nationalisme c’est la guerre.
 
On ne veut pas de la guerre économique de tous contre tous, où l’homme devient un loup pour l’homme.
 
A l’opposé, nous les connaissons les ciments politiques des Etats Unis d’Europe : justice sociale au service de l’efficacité économique, démocratie exemplaire, combat écologique, libertés.
 
Les socialistes se sont donnés la mission de l’Europe unie, sociale et humaniste.
 
C’est aux socialistes, fidèles à leur promesse, de préparer le grand destin politique qui attend les peuples du continent et c’est à nous de le commencer dans le futur parlement européen d’abord.
 
Vous aurez, futurs députés européens, mandatés par les peuples impatients, une grande responsabilité.
 
Nous vous regarderons, nous vous soutiendrons.
  
Concentrez-vous sur l’essentiel, car à force de sacrifier l’essentiel à l’urgent, on oublie l’urgence de l’essentiel.
 
Rendez-vous le 7 juin, c’est urgent, c’est essentiel ! Pas nous.
 
Que pas une voix ne manque. 
 
Ségolène Royal
 
Voici la vidéo du Discours de Ségolène Royal :




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Samedi 30 mai 2009
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Socialistes : battus, mais contents ?

Gérard Grunberg 29 Mai 2009

Les intentions de vote en faveur des listes socialistes pour les élections européennes qui auront lieu la semaine prochaine marquent, semaine après semaine, une dynamique inquiétante pour le Parti socialiste. Le dernier TNS-SOFRES lui donne 19% des votants qui, dans l’ensemble, risquent de ne pas dépasser 40% des inscrits. Martine Aubry a l’air de s’en contenter. « Sans tout ce boulot, vient-elle de déclarer, on serait sans doute à 14%. » 14%, le score du PS aux européennes de 1994 lorsque Michel Rocard dirigeait le Parti socialiste. À croire que les socialistes sont soulagés de pouvoir trouver dans leurs archives électorales un score assez bas pour leur donner encore une marge… de recul !

Un rapide examen et une non moins rapide analyse des scores européens du Parti socialiste depuis les premières élections européennes de 1979 laissent l’observateur abasourdi après une telle déclaration, aux accents presque victorieux. D’abord parce qu’elle montre que les objectifs du Parti socialiste sont incroyablement limités, ensuite parce que le choix de la référence de 1994 traduit soit une grave faiblesse d’analyse soit, tout simplement, de la mauvaise foi. Ceci rappelle étrangement les commentaires du PCF qui, depuis près de trente ans, de défaite en défaite, nie son déclin électoral. Pente dangereuse donc pour un parti qui se veut le grand parti d’opposition.

Sans le « boulot » du Parti socialiste, son étiage électoral serait donc fixé par sa direction à 14%. Rappelons que, depuis 1979, les socialistes ne sont jamais descendus en dessous de 20%, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, à la fameuse exception de 1994 sur laquelle nous reviendrons. Leur score a oscillé entre 20,8% en 1984 et 28,9% en 2004. Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ce qui est le cas aujourd’hui, ils ont obtenu 23,5% en 1979 et 28,9% en 2004. Il ne fait donc pas de doute qu’un score inférieur à 20% en 2009 serait un score particulièrement bas, indiquant une situation électorale dangereuse. En effet, en 2004, le Parti socialiste était déjà dans l’opposition, la crise n’avait pas encore éclaté, le chômage n’était pas en pleine augmentation et deux ans auparavant, les socialistes avaient subi la défaite que l’on sait. Ils avaient néanmoins obtenu 28,9% des suffrages. Avec 19% en 2009 ils perdraient donc près d’un tiers de leur électorat par rapport à cette date.

En 2004, l’ensemble des partis de gauche et des écologistes ont obtenu 45%, comme dans le sondage SOFRES de cette semaine. Mais alors, le PS représentait près des deux-tiers de cet ensemble contre seulement 42% aujourd’hui. Quand à la liste UDF, qui rassemblait 12% des suffrages, elle peut se comparer aux 14% que le sondage donne aujourd’hui aux listes du Modem de François Bayrou.

Dans ces conditions, la référence de 1994 est particulièrement malvenue même si elle peut paraître astucieuse. Pour deux raisons. La première est que le PS, en 1994, sortait d’une défaite spectaculaire aux élections législatives de l’année précédente où il avait obtenu 19% des suffrages. Aux élections européennes de 1994, alors que Michel Rocard venait de s’emparer, contre la volonté de François Mitterrand, de la direction du Parti socialiste après la déroute électorale de 1993, le président de la République, contre les intérêts de son propre parti, décida de tout faire pour barre la route de l’Elysée à son ancien Premier ministre. Ainsi, il aida activement Bernard Tapie, alors très populaire, à constituer une liste radicale de Gauche pour concurrencer celle du Parti socialiste. Il fit de même avec Jean-Pierre Chevènement qui présenta également une liste. L’ensemble de ces deux listes (12% + 2,5%) représenta 14,5%, La gauche non communiste rassemblait donc 29% au total. Certes, cette addition peut être discutée mais il est indéniable que l’extrême faiblesse du score du PS en 1994 doit beaucoup à la tactique mitterrandienne de l’époque. Cette référence est donc pour le moins contestable. Il faut d’ailleurs se rappeler que la contre-performance électorale de 1994 coûta à Michel Rocard à la fois la direction du Parti socialiste et la candidature socialiste à l’élection présidentielle.

Si donc le Parti socialiste obtenait moins de 20% aux prochaines élections européennes, il ferait mieux, au lieu de tenter de se rassurer par des références peu convaincantes, de rechercher dans sa propre action les raisons de son extrême faiblesse électorale. Au moins trois d’entre elles sautent aux yeux : d’abord l’inefficacité d’une campagne européenne dans laquelle, jusqu’à une date très récente – et encore ! –, le Parti socialiste n’a pas dit grand chose sur l’Europe – le slogan de l’Europe sociale, ressorti à chaque campagne européenne depuis 1979, paraissant quelque peu usé – ; ensuite le manque de leadership – auquel la grande scène de la réconciliation des deux dames risque de ne pas apporter le remède miracle attendu – ; enfin l’absence de stratégie d’alliance. C’est-à-dire au total l’immobilité d’un parti dont l’appel au vote-sanction cache mal l’absence de propositions.

Le Parti socialiste ne doit donc pas chercher à se rassurer à toutes forces. Une telle attitude se révèlerait vaine. Il doit plutôt faire le bilan de son action et tenter de comprendre pourquoi il en est là. Est-il capable d’une telle introspection, nécessairement douloureuse ?




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Jeudi 14 mai 2009

Le 23 avril, Monique Saliou, vice-présidente de Désirs d’avenir et quatrième de la liste PS d’Ile-de-France aux européennes, exposait aux Essonniens rassemblés à Tigery, près de Corbeil, les raisons de voter PS.










Un discours clair et concret, qui vaut les meilleurs des argumentaires.....

 










Désirs d'avenir Paris

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Samedi 9 mai 2009

Jean-Pierre Mignard a publié une tribune dans Libération, daté du 5 mai.

 

 

 

" Ainsi donc ce serait la dernière mode. Pour conjurer l’idée même d’une candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2012, et pire, d’une victoire, on décrète, expressis verbis, qu’elle est «folle». Eh oui pas moins. Ce propos, que dis-je ce diagnostic, est dû à François Bayrou dans les colonnes de l’Express le 15 avril, lui qui nous avait pourtant habitués à des considérations plus élevées. Passe encore pour ce monsieur Lefebvre, porte-parole de l’UMP, qui s’est fait une spécialité de s’inspirer des méthodes de psychiatrisation des opposants dans les manuels de la police politique de l’ex-URSS, mais Bayrou quand même ! Le procédé n’est pas admissible qui contrarie le refus de la brutalité que pourtant le chef du Modem professe. Il constitue surtout une pirouette pour éviter de répondre à la question, angoissante j’en conviens, du bien-fondé de son refus de se désister pour Royal entre les deux tours de la présidentielle. Il s’en est fallu d’un million de voix.


J’ose prétendre que l’on ne dirait pas d’un homme, en démocratie, et fut-il son pire adversaire, qu’il est fou. Mais les hommes d’Etat ne sont jamais insensés, car ils sont d’Etat et surtout ils sont des hommes. Ils peuvent se laisser aller à encourager la construction d’improbables avions renifleurs de pétrole, à songer d’envoyer la marine de guerre française forcer un état de siège décrété en Pologne ou à évoquer encore un bombardement atomique de Téhéran. Mais tout passe et à leur égard on ne s’autorise rien. Nul aujourd’hui ne se hasarderait à douter de la santé mentale de messieurs Giscard d’Estaing, Rocard et Chirac. Mais Royal, avec elle, on peut tout se permettre. Et surtout l’amnésie politique. Le président du Modem rappelle sans cesse que le régime de Nicolas Sarkozy est celui du clan de l’argent. La candidate de toute la gauche en 2007 disait-elle autre chose ? Il affirme vouloir réunir les électeurs du centre et de toute la gauche, sans quoi aucune perspective de victoire n’est même concevable. Mais Royal ne lui proposait-elle pas la même arithmétique ? Doutait-il alors de la nature du futur régime, ou vient-il seulement de la découvrir ? Non, il a d’ailleurs mené une roborative campagne pour nous en prévenir des dangers, la République même était en jeu. Rien de plus, rien de moins que Royal, qui, bonne camarade, lui offrait un débat télévisé de second tour quand toutes les chaînes sauf une, le lui refusaient. Il acceptait. Des socialistes découvrent aujourd’hui que l’alliance serait possible avec Bayrou quand ils la dénonçaient hier. François Bayrou ne rechigne plus. Qu’est-ce qui a changé ? Eux ou Royal ? Il est bien tard pour se livrer à un procès en versatilité. Mais elle n’en serait assurément pas la perdante. L’ultime bénéficiaire de cette conjuration de la pusillanimité et des immobilismes on le connaît. Beau résultat pour l’édition assurément.


Allons, je vais vous faire plaisir. Elle va vite, sans doute trop vite. Mais elle se relève et elle voit clair et loin. Elle avait cinq ans d’avance sur Bayrou en 2007. Il aurait accepté alors son offre il ne signerait pas aujourd’hui un pamphlet contre le régime. La gauche et lui gouverneraient. Le pays s’en porterait mieux. Ah ces dirigeants «raisonnables»… Vous avez dit «folle» ? Vous vouliez dire lucide."


Jean-Pierre Mignard, avocat et président de Désirs d'avenir


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