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Réinventons la GAUCHE

Jeudi 27 mars 2008

Mardi 25 mars 2008

Le courage en politique

Elle l’a fait. Pour la première fois, un chef de gouvernement allemand s’est adressé à la Knesset, à Jérusalem. « La Shoah nous emplit de honte », « Allemands et Israéliens sont et seront toujours liés d'une manière particulière »… Angela Merkel, le 18 mars, a prononcé un discours historique. Ce qu’elle voulait, c’était faire preuve d’honnêteté, admettre les responsabilités de son peuple dans l’une des pires tragédies de l’Histoire et sceller officiellement la réconciliation entre les deux peuples. Un exemple de travail de mémoire digne, juste, ouvrant sur l’avenir…

Son courage politique, Angela Merkel en a encore donné la preuve en recevant le dalaï-lama, en septembre dernier. Elle s’était alors attiré les foudres de Pékin. Elle est prête, pourtant, à recommencer, en mai, quand le prix Nobel de la Paix se rendra en Europe, à Londres notamment, où Gordon Brown doit le recevoir. Seule dirigeante occidentale à brandir la menace des sanctions, elle a même prévenu Pékin qu’elle pourrait suspendre sa coopération avec la Chine si la crise tibétaine s’envenimait.

Oui, il faut maintenir la pression sur les autorités chinoises, coupables d’une répression intolérable. On ne peut pas se voiler la face, faire comme si de rien n’était, pendant que l’on tue impunément au Tibet. Je comprends les sportifs qui se sont entraînés durs, souvent toute une vie, pour participer aux Jeux Olympiques. Ils ne veulent pas que l’on mélange sport et politique. Mais l’Olympisme perdra son âme si les jeux se paient au prix de vies humaines, sacrifiées pour honorer les contrats publicitaires de grandes multinationales. Nous devons en finir avec l’hypocrisie. La menace d’un boycott des Jeux maintient toutes les hypothèses ouvertes : elle place les autorités chinoises devant leurs responsabilités.

Jusqu’à maintenant, Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon ont fait preuve d’une indécision inqualifiable. On tergiverse : un jour la France y va, celui d’après on menace de boycotter la cérémonie d’ouverture. Bernard Kouchner, qu’on a connu plus loquace sur ces questions, a finalement admis, le 25 mars, que la répression chinoise était insupportable. Plus de quinze jours après le début des violences ! Là encore, on a connu le gouvernement plus réactif.

Jean Jaurès disait en 1890 : « Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. » Nicolas Sarkozy, qui s’est plu, il y a quelques mois à citer le fondateur du socialisme français, pourrait non seulement relire ses « classiques », mais appliquer leurs principes au monde d’aujourd’hui.

* * *

De l’autre côté de l’Atlantique, où les primaires démocrates battent leur plein, un autre homme a su, lui aussi, faire preuve d’un courage politique qui pourrait changer le visage de l’Amérique. Dans son discours à Philadelphie sur les liens entre communautés, Barack Obama a analysé les lignes de fracture qui traversent la société américaine. Sans fard, sans hypocrisie, sans simplification. Aux Américains noirs, il a demandé de comprendre les classes moyennes blanches qui se battent pour travailler, qui ont peur de l’avenir et n’ont jamais reçu d’aide de personne pour garantir à leurs enfants une vie confortable. Aux Américains blancs, il a demandé de comprendre la colère et l’amertume des populations noires, encore aujourd’hui poursuivis par le racisme et les inégalités. Une belle leçon de sincérité et de vérité, un bel exemple à méditer…

Ségolène Royal


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par MP
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Mardi 25 mars 2008

article_CPS.HVW67.010108091141.photo00.photo.default-512x349.jpgPARIS (AFP) -

 

Le socialiste Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, a vivement critiqué vendredi l'appel de 45 premiers secrétaires du PS pour "un débat serein" au sein du parti, accusant François Hollande d'avoir fait signer "un texte de fraction".

"François Hollande "est le premier secrétaire de tous les socialistes pas de 45 premiers fédéraux", a déclaré M. Peillon sur Europe 1 indiquant qu'il avait appelé M. Hollande pour lui dire son mécontentement.

"Dire aux uns et aux autres "soyez responsables" et soi-même, à ce moment-là, poser un texte qui est un texte de fraction - puisque 45 sur 100 ça fait quand même une minorité - ça m'étonne", a ajouté M. Peillon. "On fait déjà des contributions ? on est déjà dans des motions ? C'est le contraire de ce qu'on avait décidé ensemble", s'est insurgé le député européen appellant à "se consacrer en priorité" au projet du PS "plutôt qu'à faire des débauches de signatures".

La victoire aux municipales et cantonales "est celle de tous les socialistes, il ne faut pas l'utiliser à titre personnnel, Ségolène Royal ne le fait pas, Bertrand Delanoë ne le fait pas, il ne faudrait pas que le premier secrétaire le fasse", a-t-il insisté.

Quarante-cinq patrons de fédérations départementales socialistes ont publié jeudi un texte où ils réclament avant le congrès de novembre "un débat serein" pour définir des "objectifs précis engageant l'avenir du Parti socialiste". Concernant la succession de M. Hollande, l'ex-porte-parole de Ségolène Royal pour la présidentielle s'est prononcé pour un "leader fort capable d'assumer des choix, d'assumer une stratégie d'alliance".

"On ne peut pas séparer la question de l'orientation politique de la question de la personne qui portera cette orientation. Après, en 2011 il y aura un nouveau vote pour décider qui est candidat" à la présidentielle, a-t-il dit.

par MP
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Mercredi 19 mars 2008

"Il faut transformer ce vote sanction en vote d'avenir."

Ségolène Royal constate que "Le mouvement du premier tour s'est amplifié au second" ce qui implique que"nous devons être à la hauteur, des espoirs que les électeurs placent en nous ce soir pour transformer ce vote sanction en vote d'avenir

La gauche doit faire face a ses nouvelles responsabilités "Dans un contexte de profonde inquiétude, nous, élus locaux, devons à la fois protéger, imaginer et surtout réparer ce que le gouvernement a abîmé et détruit au cours des derniers mois. La peur du lendemain s'empare même de celles et ceux qui se croyaient à l'abri".

Ségolène Royal dresse un bilan de la siutation en France "Nous avons aujourd'hui de l'improvisation, du désordre gouvernemental, nous avons une perte de sens, de repères, de valeurs. Nous avons une crise morale, sociale, économique, écologique".

Elle demande en conséquence au gouvernement "de renoncer aux mesures fiscales injustes et d'augmenter les retraites et les salaires, de renoncer au paquet fiscal et de supprimer les franchises médicales.

Le gouvernement a dit après le premier tour qu'il entendrait le message, eh bien, qu'il le fasse et qu'il change sa politique et son comportement ".

Pour Ségolène Royal,"il ne s'agit pas d'arrêter des réformes mais de faire de bonnes réformes". "La situation est grave, il faut que le pouvoir se ressaisisse et écoute ce que viennent de dire les Français
".
par MP
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Mercredi 19 mars 2008
Lu dans Libération le mercredi 19 mars 2008

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La résistance à Ségolène Royal s’organise

DAVID REVAULT D’ALLONNES


Après la partie d’échecs, les grandes manœuvres. Les socialistes, qui, pendant la campagne des municipales, ne s’étaient que fort discrètement consacrés à la suite des opérations, sont clairement rentrés, depuis le second tour, dans le vif du sujet du congrès, qui pourrait avoir lieu du 7 au 9 novembre.

Le débat n’a pas eu lieu au bureau national (BN) ou lors de la «commission de la rénovation», où se retrouvaient hier les ténors (hormis une brève, mais violente passe d’armes entre le royaliste François Rebsamen et le jospiniste Harlem Désir). Mais offensive et contre-offensive s’organisent. Au centre du jeu : Ségolène Royal, clairement déterminée à s’emparer du PS. Un des promoteurs des «reconstructeurs», qui rassemble proches de DSK, Fabius, Montebourg et Aubry, résume : «On ne va pas faire comme au moment des primaires : elle avance, elle avance, et quand on réagit, il est trop tard. Il faut s’organiser.»

Après les escarmouches feutrées, donc, les premières roquettes. Comme celles tirées hier par Martine Aubry, qui, forte de ses 66 % à Lille, entend faire barrage de son corps électoral à l’ex-candidate. «Je pense que la pire des choses aujourd’hui, pour chacun d’entre nous, serait de dire : "Je suis candidate"», a-t-elle posé sur France Inter. Et de revisiter la campagne présidentielle de Royal : «La stratégie qui était la sienne, à l’évidence, n’est pas celle qui a convaincu les Français.»

«Convergences». Autre angle d’attaque, celui adopté par Jean-Christophe Cambadélis dans le Monde, qui envisage d’élargir à Bertrand Delanoë l’hétéroclite alliage des «reconstructeurs» : «S’il ne fait pas de sa candidature un préalable, nous pourrions lui tendre la main pour travailler ensemble à un texte de fond», propose le lieutenant de DSK, qui déplore que «Royal a décidé de présenter seule, presque unilatéralement, un texte au prochain congrès». Le maire de Paris pourrait-il céder à ces avances ? «Il y a beaucoup de convergences claires», opine Harlem Désir, proche de Delanoë, qui énumère : «Se retrouver sur une façon de faire de la politique, sur le lien entre leader et collectif, sur les alliances. Les socialistes ne peuvent s’en remettre à un phénomène d’opinion ou de personnalité.» Le front des «reconstructeurs», initialement pensé pour neutraliser le match annoncé Royal-Delanoë, glisse donc ostensiblement vers une stratégie d’empêchement de la première. Impératif qui semble désormais primer sur les ancestrales inimitiés, comme en témoigne ce déjeuner programmé entre Bertrand Delanoë et Claude Bartolone, lieutenant de Fabius.

«Grosse ficelle». «La vraie question, c’est de trouver les bases pour empêcher une offensive de Ségolène», fulmine le député Gaëtan Gorce, plutôt favorable à cette dernière. «Cet espèce de front "Tout sauf Ségolène" est ridicule», confirme Jean-Louis Bianco. Comme à l’accoutumée, la principale intéressée, elle, oppose à l’entreprise sa stature d’ex-candidate, soutenue par les militants, et de ce fait au-dessus de la mêlée : «Tous ceux qui vont organiser le bazar pour placer quelqu’un de neutre, un non-présidentiable, utilisent une grosse ficelle : "Attention, le climat se dégrade, c’est la baston, le retour du congrès de Rennes". Mais si le climat se dégrade, ce ne sera pas de mon fait. Et qui décide qui est présidentiable, à part les militants ?»

par MP
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Jeudi 13 mars 2008

Chers Amis, 
 

Dimanche dernier, c’est un vote d'espoir que nous avons exprimé. Le premier tour du scrutin municipal a placé la gauche largement en tête avec 47 % des suffrages. Je félicite tous les maires, qui, parce qu’ils ont su moderniser leur ville avec un sens reconnu de l’intérêt général, ont été réélus dès le premier tour, notamment Jean-Claude Boulard au Mans, Gérard Colomb à Lyon, Michel François Delannoy à Tourcoing, François Hollande à Tulle, Jean-Marc Ayrault à Nantes, François Rebsamen à Dijon, Manuel Valls à Evry, Maxime Bono à La Rochelle. Mais je félicite aussi ces candidats de gauche qui, dès le premier tour, ont conquis des bastions de la droite : Jean-François Debat à Bourg-en-Bresse, Guillaume Garot à Laval,  Valérie Fourneyron à Rouen, Joaquim Pueyo à Alençon, Christophe Sirugue à Chalon-sur-Saône, Christian Teyssedre à Rodez.

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Cette poussée de premier tour doit maintenant être confirmée et amplifiée dimanche prochain. Et là, je pense à tous ces candidats qui sont en bonne position pour gagner ou conserver des villes, petites, moyennes ou grandes comme Blois avec Marc Gricourt, Saint Brieuc avec Danielle Bousquet, Angoulême avec  Philippe Lavaud,  Caen avec Philippe Duron, Reims avec Adeline Hazan, Strasbourg avec Roland Ries, Lille avec Martine Aubry, Paris avec Bertrand Delanoë, Toulouse avec Pierre Cohen (voir la vidéo), Marseille avec Jean-Noël Guérini et bien d’autres encore.

Aujourd’hui, la France a besoin d’initiatives et de confiance. Pourtant c’est la méfiance qui domine, et, je le vois bien souvent, le désarroi. Le gouvernement a voulu réformer en heurtant les gens de plein fouet, en les braquant, dans le mépris total de ceux qui étaient les plus fragilisés. Il a confondu la brutalité avec la réforme.

Tous, nous avons le sentiment d’entrer dans une période à risque parce que le gouvernement n’a pas pris la mesure des problèmes, parce qu’il n’a pas de cap. Aujourd’hui, trois français sur quatre vivent avec moins de 1900 euros nets par mois, la moitié des retraités touchent une pension inférieure à 700 euros, les prix augmentent parfois de 30%. La droite baisse les impôts pour certains et les augmentent pour tous les autres. Taxe sur la santé avec les franchises médicales, hausse du rendement de la TIPP et de la TVA, création d'un impôt sur les séjours hôteliers, taxation de la publicité, retour en clair-obscur de la TVA sociale : le gouvernement demande aux revenus moyens et modestes de rembourser un paquet fiscal qui coûte 15 milliards chaque année, 75 milliards sur cinq ans.

Afin de lutter contre le déclin qui s’annonce, nous devons choisir de bonnes équipes pour nos territoires. J’ai sillonné toute la France pour épauler de nombreux candidats aux élections municipales et cantonales. Les équipes qui portent nos valeurs sont les meilleures parce qu'elles font de la politique autrement. Ce sont des équipes au travail, à l'écoute, sérieuses, qui rendent compte, qui tiennent leurs engagements, qui respectent tout le monde. C'est cela que nous attendons de la politique et c'est cela que nous proposons à nos concitoyens.

D’ici dimanche, il nous incombe de rassembler toutes les forces progressistes à gauche et au centre, sur des idées fortes. J’appelle de mes vœux un rassemblement fondé sur des valeurs communes, sur des projets partagés, partout où cela est nécessaire et possible : je crois qu’il y a une nouvelle voie à ouvrir. De nombreuses villes ont d’ores et déjà donné l’exemple. Il faut amplifier le mouvement.

Amis, nous devons tous voter massivement dimanche prochain pour sanctionner une majorité qui reste sourde au premier désaveu que les citoyens lui ont infligé le 9 mars. La victoire de la gauche aux élections municipales sera celle de tous les Français qui désirent trouver dans l'action publique des réponses concrètes aux problèmes qu'ils rencontrent. Alors, régions, départements et communes agiront dans le même sens et seront au service de tous.

À très bientôt,

Ségolène Royal
 
par MP
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