L'Espoir à Gauche se trouve ici
Le nouveau site du mouvement créé autour de la motion E vient d'ouvrir.
Il regroupe tous les acteurs de la motion E au sein du Parti Socialiste.
Mais où est Ségolène Royal ?
En même temps que se structure à l'intérieur du PS le "courant l'Espoir à gauche",
voici venu le moment de relancer très fort Désirs d'Avenir pour travailler en profondeur à la réflexion sur la refondation de la Gauche.
Pour travailler sur nos valeurs, nous avons aussi besoin de l'ouverture par une réflexion et par une action politique de terrain avec
Désirs d'Avenir
Vendredi 26 décembre 2008
Lu dans "Ange Noir",
sous la plume de Pierre
Villard
Interview de Romain Pigenel : “affaire Julien Dray”
Romain Pigenel a accepté une nouvelle fois de répondre à mes questions concernant l’actualité récente autour du Parti Socialiste : tout d’abord “l’affaire Julien Dray”, député socialiste qui serait
soupçonné d’activités financières illégales, et les débuts de Martine Aubry au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Pour rappel, Romain Pigenel est enseignant-chercheur en philosophie à
la Sorbonne et militant socialiste depuis 2002. Par ailleurs, il collabore étroitement avec Julien Dray, proche de Ségolène Royal.
* A en croire Le Monde, Julien Dray aurait profité de mouvements suspects d’argent en sa qualité de co-fondateur de SOS Racisme et en tant que député de l’Essonne. Est-ce que
vous auriez un commentaire à faire sur ce sujet ?
« A en croire le Monde », comme vous dites. Nous assistons depuis quatre jours à un phénomène d’hystérie médiatique autour d’informations parcellaires sur une enquête préliminaire, au mépris du
respect le plus élémentaire de la présomption d’innocence, et du secret professionnel. Je vous rappelle qu’à ce stade tout peut encore être classé sans suites. Mais dans tous les cas les dégâts en
termes d’image et de réputation sont terribles, après une campagne de presse de ce type. Cela pose une nouvelle fois la question du « journalisme d’investigation » en France, qui se transforme de
plus en plus, si vous me permettez l’expression, en « Radio Bruits de Chiottes », et qui se permet de jeter des « fatwa » sur des personnalités publiques, en toute impunité et sans se soucier des
conséquences.
* Concernant les débuts de Mme Aubry au poste de Premier Secrétaire, comment avez-vous vécu la défaite de Ségolène Royal pour ce poste ? Avez-vous une remarque sur le décompte
très contesté des voix ? Enfin, comment envisagez-vous l’avenir du Parti Socialiste avec Mme Aubry à sa tête ?
Je ne souhaite pas revenir sur le décompte des voix, c’est une affaire qui appartient désormais au passé et il faut aller de l’avant. Martine Aubry est une femme de talent, comme l’atteste sa
victoire à l’élection de premier secrétaire, sur laquelle personne n’aurait parié il y un an en arrière. Mais le début de son mandat me laisse plutôt perplexe. Le rôle du premier secrétaire du
Parti socialiste, tel que je le conçois, est d’abord et avant tout de restaurer une solidarité de fond entre les socialistes, de réapprendre à tout le monde à travailler ensemble. Or c’est
précisément l’inverse qui a été fait, avec l’élaboration d’une direction nationale de guingois, qui « oublie » les représentants de 50% des socialistes ! Je veux bien entendre toutes les
explications du monde à ce sujet, mais il n’en reste pas moins que c’est une erreur politique initiale qui risque de grever la suite du mandat de Martine. J’ai par ailleurs le sentiment que le PS
est assez peu audible en ce moment, avec beaucoup d’interventions dans tous les sens, beaucoup d’agitation, mais pas de ligne politique qui soit clairement discernable par nos concitoyens. Or c’est
précisément ce qu’ils attendent de nous : une ligne ferme, compréhensible, qui donne le sentiment qu’une autre politique est possible.
Je voudrais pour terminer revenir rapidement sur ce que je disais plus haut de la solidarité entre les socialistes, et de « l’affaire » Julien Dray. Il me semble que Martine Aubry, en tant que
première des socialistes, aurait dû monter au créneau dès ce week-end pour condamner le lynchage médiatique sans preuves subi par un de ses camarades. Cela aurait été un signal fort sur l’unité des
socialistes, bien sûr, mais surtout sur notre attachement aux valeurs et aux droits fondamentaux – la présomption d’innocence en l’occurrence. Cela n’ayant pas été fait, l’UMP, par la voix de son
porte-parole Frédéric Lefebvre, a eu l’habileté de prendre la défense de Julien Dray sur cette ligne, et avec les mots qui auraient dû être ceux du PS. Beau coup politique qui vient souligner un
peu plus la division du PS … Martine est désormais prise au piège : soit elle parle, et on lui reprochera le retard ; soit elle ne parle pas, et elle accréditera l’impression d’un PS dominé par le
chacun pour soi. Le mal est fait, et je crains que nous n’en subissions collectivement les conséquences dans les prochains mois.
écrit par Pierre Villard \\ tags:
http://www.ange-noir.fr/2008/12/23/interview-de-romain-pigenel-affaire-julien-dray/
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