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Réinventons la Gauche

Dimanche 25 janvier 2009
Ségolène Royal, de retour des Etats-Unis, parle de Barack Obama et juge le plan de relance socialiste, dans lequel elle n’a pas retrouvé ses propres propositions. Elle annonce aussi qu’elle ne sera pas candidate aux élections européennes.

Le Parisien - Propos recueillis par Eric Hacquemand et Rosalie Lucas | 24.01.2009, 07h00
 
Rentrée jeudi des Etats-Unis, Ségolène Royal estime que le contre-plan de relance du PS « a le mérite d’exister ». Mais la présidente de la région Poitou-Charentes réitère sa proposition d’entrer dans la direction du parti pour s’occuper de l’international.

Vous étiez la seule personnalité politique française présente à l’investiture de Barack Obama. Que vous a apporté ce voyage ?
Ségolène Royal. La force que dégage la réconciliation d’un pays avec lui-même.

Une foule immense, noire et blanche, compacte, recueillie, venue voir, de tous les coins d’Amérique et du monde, si ce qui arrivait était vrai. Barack Obama met aussi en place un plan de relance très puissant, qui peut avoir des conséquences positives en France. Il y a un lien très direct entre ce qui se passe à l’échelon international et ce qui se passe au plan local. Je vous parle de Poitiers, où je viens de réunir syndicats et chefs d’entreprise, pour réussir la croissance verte en région.

Nicolas Sarkozy a estimé, qu’en temps de crise, le faste de cette investiture était peut-être un peu déplacé…
La dignité, la sobriété et l’élégance de l’investiture de Barack Obama n’ont aucun point commun avec la soirée au Fouquet’s (NDLR : Nicolas Sarkozy avait invité ses proches dans ce restaurant le soir de son élection).

Pendant que vous étiez aux Etats-Unis, le PS a présenté son contre-plan de relance à la crise. Comment le jugez-vous ?
Les propositions sont nécessaires, car les mesures de Nicolas Sarkozy sont trop faibles. Par comparaison, le plan de Barack Obama est de 800 milliards de dollars sur deux ans, c’est-à-dire 3 % du PIB par an. Avec une priorité aux investissements dans la croissance verte.

Le contre-plan, présenté par Martine Aubry, est-il à la hauteur ?
Il a le mérite d’exister, mais il faut aller plus loin avec un volet sur la croissance écologique et sur la réforme fiscale. Il faut une modification structurelle de la façon de produire, de consommer. J’ai envoyé, il y a quinze jours, des propositions à la direction du PS, avec des actions concrètes sur la croissance verte, et je n’ai pas retrouvé cela dans le plan. J’espère qu’il y aura une deuxième étape…

L’eurodéputé Vincent Peillon affirme que vos proches ont été consultés pour ce plan, François Rebsamen dit le contraire. Qui faut-il croire ?

Il y a une façon très simple de faciliter la consultation de tous, c’est que Martine Aubry fasse ce que je lui ai demandé à la fin du congrès et qu’elle a refusé : intégrer les 50 % du parti que je représente, avec de nombreux responsables politiques de talent, dans la direction. Les Français et les militants attendent que nous soyons unis et que nous jouions collectif. Je suis toujours prête à prendre une responsabilité dans le parti. Je peux m’occuper de l’international par exemple… Comme ça, on ne me reprochera plus de me déplacer de ma propre initiative…

Plan anticrise, farouche opposition à l’Assemblée, motion de censure : le PS est à l’offensive ?
Oui, mais attention à l’image que l’on donne. Les Français n’ont pas envie que les gens se disputent. Ils souhaitent que les responsables politiques fassent converger leur énergie. Dans le contexte actuel, les provocations de la droite sont irresponsables. Je comprends d’autant plus la colère des députés PS qu’ils étaient prêts à discuter. Le risque, c’est la surenchère et que les Français renvoient dos à dos la droite et la gauche dans ce spectacle.

Dans moins de cinq mois ont lieu les élections européennes. Vous engagerez-vous ?
Comme toujours, je suis disponible pour faire campagne et défendre des idées. Vous l’avez vu pour les législatives, puis pour les municipales aux côtés des candidats.

Serez-vous candidate ?

Bien que très sollicitée, je ne l’envisage pas. Je préfère le mandat de présidente de région et je veux garder du temps pour approfondir la recherche d’idées neuves pour la gauche du XXI e siècle.

Hier matin, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, s’est dit « scandalisé sur la violation de présomption d’innocence » dans l’affaire Julien Dray.
Julien Dray a droit à la présomption d’innocence. Comment, par exemple, un journal peut-il publier un document interne (NDLR : le rapport Tracfin) ? C’est choquant. Il faut respecter le droit des personnes.

Vous lui renouvelez votre amitié ?
Bien sûr. On a dit de moi que je l’avais lâché. Ce n’est pas le cas. Simplement, je ne peux rien dire de plus, car je n’ai pas d’informations.




Par MP
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Samedi 17 janvier 2009
L'Espoir à Gauche se trouve ici


Le nouveau site du mouvement créé autour de la motion E vient d'ouvrir.

Il regroupe tous les acteurs de la motion E au sein du Parti Socialiste.

Mais où est Ségolène Royal ?

En même temps que se structure à l'intérieur du PS le "courant l'Espoir à gauche",
voici venu le moment de relancer très fort Désirs d'Avenir pour travailler en profondeur à la réflexion sur la refondation de la Gauche.

Pour travailler sur nos valeurs, nous avons aussi besoin de l'ouverture par une réflexion et par une action politique de terrain avec


Désirs d'Avenir


Par MP
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Lundi 12 janvier 2009
Chères amies, chers amis, chers camarades,

On a connu changement d'année plus heureux. 2008 s'achevait avec la crise financière et l'inquiétude des Françaises et des Français face aux attaques en règle contre les services publics ; 2009 commence avec la désormais certitude d'une récession mondiale, et la résurgence du conflit israélo-palestinien, avec une violence que l'on n'avait plus connue depuis plusieurs années. Les perspectives toujours aussi sombres en matière de pouvoir d'achat et d'emploi ne facilitent pas plus l'optimisme. J'espère néanmoins que vous avez pu profiter de cette période des fêtes pour vous retrouver entre vous, avec votre famille, vos amis, pour goûter un peu de repos et de joie. Et je tiens à présenter, à vous, à vos proches, tous mes vœux de santé, de bonheur, de réussite, de courage aussi, car il en faudra, n'en doutons pas, pour répondre aux défis de 2009.

J'ai quant à moi traversé des moments difficiles, avec le déchaînement à mon endroit à l'occasion d'une enquête préliminaire transformée en lapidation médiatique. Il n'y a rien de pire que de voir son honneur livré en pâture à la vindicte de l'opinion, chacun lançant sa petite pierre, insinuation malhonnête ou allégation mensongère. Rien de pire que de voir des bribes de dossiers instrumentalisées pour instruire des procès à charge, au nom d'un prétendu devoir de vérité et d'information, qui n'est souvent que la pudeur du désir bien plus prosaïque de vendre du papier. Je peux comprendre que ceux qui ne me connaissent pas aient pu douter, ou prendre pour argent comptant les « révélations ».

Vous aurez bien compris que le calendrier de « l'affaire », de même que les suspects désignés, ne relèvent pas du simple hasard judiciaire. Mais je n'ai pas voulu crier au scandale, pour ne pas donner le sentiment que je me servais de mon statut politique pour faire diversion.

Je dois vous dire que j'ai été profondément touché par les très nombreuses marques de sympathie et d'affection que m'ont fait parvenir nombre de Françaises et de Français, élus, militants, sympathisants, socialistes ou non. Comme je n'ai pas encore eu le temps de répondre à chacun de vous, je vous remercie toutes et tous très sincèrement pour votre soutien, qui m'a aidé à traverser les premiers jours de cette épreuve. Dans pareil moment, la première envie est d'envoyer tout « balader », de se dire que ses idéaux politiques et militants ne valent pas tant de blessures et de sacrifices. Mais voir tant de camarades et d'amis témoigner leur soutien donne l'énergie, et le devoir, de lutter.


Cette affaire n'a pas qu'une dimension personnelle. C'est pour cela que je me permets de m'en expliquer assez longuement, et que je serai amené à le faire à nouveau très prochainement. Mais je sais aussi qu'il y a des problèmes et des soucis plus graves que les miens, et que le rôle d'un responsable politique, tel que je le conçois, est d'abord et avant tout de travailler à y répondre.

Je ne reviendrai pas sur la dureté de la situation économique et sociale, que nous constatons tous dans notre entourage, quand nous n'en souffrons pas directement. Elle est l'aboutissement des Vingt Perverses, ces années de dérégulation et de croissance non vertueuse, qui ont mis un terme à la progression des salaires et activé le descenseur social. La majorité présidentielle a jusqu'à présent échoué à y apporter une solution, s'entêtant dans son erreur originelle du paquet fiscal, et s'acharnant à désarmer l'Etat sans pour autant redynamiser le secteur privé. Les Français jugeront sur pièce les résultats du plan de relance initié par le Président de la République. Les socialistes et la gauche, eux, doivent très rapidement leur démontrer qu'une autre politique, plus juste et plus efficace, est possible et souhaitable. Car Nicolas Sarkozy, François Fillon et leur majorité ont largement fait montre de leur habileté politique et rhétorique.

Face à l'omniprésident qui a en quelque sorte réhabilité l'idée selon laquelle le pouvoir politique peut quelque chose – quelle que soit la réalité de ses échecs depuis un an – face au duo bien rôdé du Premier ministre de fer qui tient le cap des réformes dérégulatrices, et du chef de l'Etat qui prétend de son côté rassurer et régler tous les problèmes, le PS ne peut se contenter, moins que jamais, de céder à la facilité de la protestation permanente, de l'indignation morale, et des réponses politiques opportunistes et décousues. La nouvelle direction du PS doit, sans perdre de temps, rassembler tous les socialistes dans un esprit de fraternité et de camaraderie, en étant plus exemplaire qu'elle ne l'a été jusqu'à maintenant sur ce point. C'est ainsi que nous pourrons travailler collectivement à
l'élaboration d'une ligne politique offensive. Non pas un programme de gouvernement, non pas une stratégie de communication, mais d'abord et avant tout une nouvelle idéologie et un nouveau militantisme pour la porter. Cette ligne politique devra s'appuyer sur une pensée économique renouvelée, fondée sur la conception d'un Etat-stratège, capable de nationaliser et de privatiser, et de favoriser l'émergence d'un nouveau cycle de croissance vertueuse et écologiquement responsable par la combinaison d'une politique de recherche, d'une politique industrielle et d'une fiscalité incitative.

Puisque la coutume fait de ce moment celui des bonnes résolutions, je me permets d'en prendre une pour nous tou-te-s : garder, dans nos cœurs et nos esprits, l'exigence pleine et entière de la justice sociale.


Julien Dray

Par MP
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Lundi 12 janvier 2009
Chères amies, chers amis,

Je suis très heureuse de vous présenter mes vœux pour l'année 2009.

Je souhaite que cette année vous soit douce et légère.

J'adresse une pensée particulière à toutes celles et tous ceux qui sont dans la solitude, dans la maladie, dans la détresse, au chômage.

L'année 2008 a vu en France des êtres humains mourir de froid tandis que des milliards d'euros étaient destinés à renflouer les banques. Cela ne peut plus durer.

En 2009, je souhaite un monde plus juste et plus fraternel.

Ensemble, avec Désirs d'Avenir, nous y apporterons notre contribution.

Du fond du cœur, je vous souhaite à nouveau une excellente année avec des joies familiales, des joies amicales et beaucoup de bonheur.


Très fraternellement,







Ségolène Royal


Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image
Par MP
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Vendredi 26 décembre 2008
Lu dans "Ange Noir",
sous la plume de Pierre Villard

Interview de Romain Pigenel : “affaire Julien Dray”


Romain Pigenel a accepté une nouvelle fois de répondre à mes questions concernant l’actualité récente autour du Parti Socialiste : tout d’abord “l’affaire Julien Dray”, député socialiste qui serait soupçonné d’activités financières illégales, et les débuts de Martine Aubry au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Pour rappel, Romain Pigenel est enseignant-chercheur en philosophie à la Sorbonne et militant socialiste depuis 2002. Par ailleurs, il collabore étroitement avec Julien Dray, proche de Ségolène Royal.

    * A en croire Le Monde, Julien Dray aurait profité de mouvements suspects d’argent en sa qualité de co-fondateur de SOS Racisme et en tant que député de l’Essonne. Est-ce que vous auriez un commentaire à faire sur ce sujet ?


« A en croire le Monde », comme vous dites. Nous assistons depuis quatre jours à un phénomène d’hystérie médiatique autour d’informations parcellaires sur une enquête préliminaire, au mépris du respect le plus élémentaire de la présomption d’innocence, et du secret professionnel. Je vous rappelle qu’à ce stade tout peut encore être classé sans suites. Mais dans tous les cas les dégâts en termes d’image et de réputation sont terribles, après une campagne de presse de ce type. Cela pose une nouvelle fois la question du « journalisme d’investigation » en France, qui se transforme de plus en plus, si vous me permettez l’expression, en « Radio Bruits de Chiottes », et qui se permet de jeter des « fatwa » sur des personnalités publiques, en toute impunité et sans se soucier des conséquences.

    * Concernant les débuts de Mme Aubry au poste de Premier Secrétaire, comment avez-vous vécu la défaite de Ségolène Royal pour ce poste ? Avez-vous une remarque sur le décompte très contesté des voix ? Enfin, comment envisagez-vous l’avenir du Parti Socialiste avec Mme Aubry à sa tête ?

Je ne souhaite pas revenir sur le décompte des voix, c’est une affaire qui appartient désormais au passé et il faut aller de l’avant. Martine Aubry est une femme de talent, comme l’atteste sa victoire à l’élection de premier secrétaire, sur laquelle personne n’aurait parié il y un an en arrière. Mais le début de son mandat me laisse plutôt perplexe. Le rôle du premier secrétaire du Parti socialiste, tel que je le conçois, est d’abord et avant tout de restaurer une solidarité de fond entre les socialistes, de réapprendre à tout le monde à travailler ensemble. Or c’est précisément l’inverse qui a été fait, avec l’élaboration d’une direction nationale de guingois, qui « oublie » les représentants de 50% des socialistes ! Je veux bien entendre toutes les explications du monde à ce sujet, mais il n’en reste pas moins que c’est une erreur politique initiale qui risque de grever la suite du mandat de Martine. J’ai par ailleurs le sentiment que le PS est assez peu audible en ce moment, avec beaucoup d’interventions dans tous les sens, beaucoup d’agitation, mais pas de ligne politique qui soit clairement discernable par nos concitoyens. Or c’est précisément ce qu’ils attendent de nous : une ligne ferme, compréhensible, qui donne le sentiment qu’une autre politique est possible.

Je voudrais pour terminer revenir rapidement sur ce que je disais plus haut de la solidarité entre les socialistes, et de « l’affaire » Julien Dray. Il me semble que Martine Aubry, en tant que première des socialistes, aurait dû monter au créneau dès ce week-end pour condamner le lynchage médiatique sans preuves subi par un de ses camarades. Cela aurait été un signal fort sur l’unité des socialistes, bien sûr, mais surtout sur notre attachement aux valeurs et aux droits fondamentaux – la présomption d’innocence en l’occurrence. Cela n’ayant pas été fait, l’UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, a eu l’habileté de prendre la défense de Julien Dray sur cette ligne, et avec les mots qui auraient dû être ceux du PS. Beau coup politique qui vient souligner un peu plus la division du PS … Martine est désormais prise au piège : soit elle parle, et on lui reprochera le retard ; soit elle ne parle pas, et elle accréditera l’impression d’un PS dominé par le chacun pour soi. Le mal est fait, et je crains que nous n’en subissions collectivement les conséquences dans les prochains mois.

écrit par Pierre Villard \\ tags:
http://www.ange-noir.fr/2008/12/23/interview-de-romain-pigenel-affaire-julien-dray/
Par MP
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