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Réinventons la GAUCHE

Mercredi 16 janvier 2008
Vincent Peillon juge «insupportables» les critiques formulées par Michel Rocard

Lu dans LIBERATION.FR : mardi 15 janvier 2008
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La tribune de Michel Rocard publiée dans nos colonnes, où l’ancien premier ministre critique vertement Ségolène Royal, a jeté l’effroi chez certains socialistes. Cet après-midi, Vincent Peillon, député européen et ancien porte-parole de Ségolène Royal pour la présidentielle, a appelé Michel Rocard à «arrêter le jeu de massacre» vis-à-vis de la candidate socialiste aux dernières élections, lors d'un déplacement en Alsace.

«Ça recommence, ils critiquent Ségolène Royal au moment où on est en affrontement avec la droite», a déclaré devant la presse le député européen qui accompagnait Ségolène Royal dans son déplacement dans le Haut-Rhin puis à Strasbourg.

«Aujourd'hui, Rocard tape sur la candidate socialiste aux dernières élections. J'appelle des gens comme Rocard à arrêter le jeu de massacre: ce n'est pas la première fois et ce n'est pas une belle sortie pour lui», a ajouté Vincent Peillon qui qualifie même d'«insupportables» les propos de Michel Rocard.

L'ancien premier ministre socialiste, qui avait soutenu Dominique Strauss-Kahn dans la primaire socialiste pour la présidentielle de 2007, a affirmé que Ségolène Royal «représente une certitude de défaite» pour le PS dans une tribune intitulée «Halte au meurtre».

«Choisir son prochain premier secrétaire en pensant choisir du même coup son candidat présidentiel, c'est offrir un surcroît de chances à Ségolène Royal. Or le problème est que cette candidate avenante et charismatique n'a à l'évidence pas les capacités nécessaires aux responsabilités qu'elle postule», écrit Michel Rocard.

Interrogée auparavant par la presse sur ces déclarations, Ségolène Royal n'avait pas souhaité réagir, se contentant de déclarer: «Je ne veux pas polémiquer, je suis au travail.»
par MP
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Mardi 15 janvier 2008

Avec i>Télé, la chronique de Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.


PS : Royal au-dessus de la mêlée
Si l'on était moins aveugle, si les directions des médias étaient aussi moins anti Royal, on verrait, on entendrait ce phénomène que les sondages commencent à enregistrer. Le retour en grâce populaire de l'ex-candidate malheureuse à l'élection présidentielle. Ségolène est de retour quand le parti lui-même s'abîme dans ses querelles picrocholine. « Une fois de plus, le PS donne un spectacle affligeant », affirme même un expert de l'art, homme politique et de théâtre public confirmé, Henri Emmanuelli, ex-patron du PS, aujourd'hui député plus protestataire que jamais et qui s'insurge dans Libération contre « l'improvisation, les avancées, le recul, le manque de lucidité ». Et ça n'est pas seulement ce célèbre schtroumf grognon des Landes qui s'exprime ainsi mais la plupart des députés dirigeants du PS qui consonnent dans des plaintes semblables. A cause de l'Europe d'abord qui, comme on le sait, n'a cessé de les diviser encore et de les diviser toujours. Totale confusion.

Pour tenter de sortir de ses divisions entre pro et anti européens, le parti avait décidé lors d'un vote majoritaire au Bureau national de se prononcer en faveur du mini traité porté par Sarkozy. Mais voilà ses membres épars, disloqués sur les modalités. Car, comme vous le savez, il faut une ratification par la majorité des trois cinquièmes des parlementaires au Congrès de Versailles. Or les socialistes, souvenez-vous, étaient favorables à la procédure référendaire. Beaucoup sont prêts à y renoncer. Mais certains voudraient, au nom du respect de la démocratie, ce qui est une noble exigence, boycotter la grande réunion des élus du peuple, mais cela reviendrait à favoriser l'adoption de cette procédure. A l'arrivée, nous avons donc des nonistes Canal historique qui veulent se rendre à Versailles pour imposer le non au mini traité et des ouistes résolus qui veulent boycotter Versailles pour ratifier le oui. Vous n'y comprenez plus grand chose ? Nous non plus. Sinon que cette confusion fait le jeu de Nicolas Sarkozy qui avait ainsi prévenu un de ses interlocuteurs socialistes, André Vallini : « Je vais vous niquer ! ». Ce président est, comme l'a dit Tony Blair devant les troupes gauloises de l'UMP, « très énergétique en tout domaine ». Il « nique » les socialistes avec l'Europe, avec la suppression de la publicité sur France 2, avec la réforme de la Constitution, avec la politique de civilisation d'Edgar Morin, etc. Bref, il « nique tous azimuts » pour la plus grande rage des responsables socialistes qui confient, comme Julien Dray : « C'est un mauvais moment à passer ». Après les municipales, victorieuses bien sûr, ça irait mieux, beaucoup mieux.

A la vérité, ça va déjà mieux, beaucoup mieux pour Ségolène Royal qui réussit à émerger de cette confusion en s'imposant comme l'adversaire numéro 1 du président, appliquant ainsi le bon vieux principe de son maître Mitterrand, cogner, cogner encore, cogner toujours sur le chef du camp d'en face. C'est la « Dame Blanche » qui frappe le plus fort pendant que les dirigeants socialistes s'abîment dans leurs divisions.

La première elle a moqué, stigmatisé ce chef de l'Etat qui « faisait son Mickey à Disneyland », qui faisait du manège pendant que les Français se serraient la ceinture. La première, elle a senti que le style bling-bling du président, que l'affichage de son bonheur clinquant serait insupportable alors que les Français, eux, connaissaient des difficultés très prosaïques. Quand elle brocarde Nicolas Sarkozy « en Louis XIV qui offre aux manants le déjeuner du roi, le petit-déjeuner du roi, le coucher du roi, les maîtresses du roi », les Français applaudissent. Il s'est produit un basculement qu'elle avait pressenti. Depuis Noël, le petit monarque exaspère avec sa prétentieuse pavane quand les résultats promis ne sont pas au rendez-vous.

On regarde avec plaisir cette Ségolène Royal qui se lâche, qui a l'œil qui frise, qui s'est refait une santé, une beauté. Les stars ne meurent jamais mais elles peuvent avoir des éclipses ravageuses dont elles sortent abîmées, éteintes. Quand Ségolène Royal brille, on dirait qu'elle a rallumé la lumière de l'intérieur. Le désir de revanche sans doute. Mais quand on la suit sur le terrain comme à Saint Brieuc dimanche dernier, on voit ce miracle s'accomplir : elle rit, elle fait rire des gens qui accourent à nouveau pour la voir, la toucher, la photographier. Quel spectacle ! On a pu vérifier ainsi ce week-end que sa progression dans les sondages, plus forte que celle des autres personnalités de gauche (+ 7 % selon la Sofres, + 4 % selon Ipsos-Le Point à paraître) correspond vraiment à un regain de faveur sinon de ferveur. En dépit des manœuvres d'appareil pour la contrer, la Royal redevient… royale. Et la « royalite » sévit de nouveau. On vient lui faire quasiment bénir un handicapé, on lui confie les malheurs de sa vie qu'elle soulage d'un regard doux. C'est toujours Sœur Sourire. Bon, bien sûr, elle est aussi candidate à la direction du PS. Alors elle choisit ceux qu'elle soutient aux municipales : des ségolénistes mais aussi des non ségolénistes. Elle veut préempter la victoire qu'elle croit sûre. Elle est en marche. Elle évite les bourbiers partisans et elle lévite. Plus les socialistes s'enfoncent, plus elle s'élève.
 

Mardi 15 Janvier 2008 - 12:36
Nicolas Domenach
par MP
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Dimanche 13 janvier 2008
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Pour voir la vidéo, cliquez sur l'image.

Ségolène Royal critique fortement l'action de Nicolas Sarkozy et se pose en chef de l'oppostion au gouvernement.

Extraits :
"Les socialistes français doivent inventer leur propre modernisation par rapport à l'époque qui est la nôtre."

"Nicolas Sarkozy a annoncé que les élections municipales étaient un test national... il nous demande si oui ou non nous sommes contents de lui et de ce qu'il fait... Il faut le faire ce test national."


Ségolène Royal appelle les français à voter massivement pour la Gauche s'ils considèrent que Nicolas Sarkozy n'a pas rempli ses engagements, notamment à propos du pouvoir d'achat, de l'augmentation du minimum vieillesse et des petites retraites etc.

"Faisons de ces élections municipales un test national"... "Je pense qu'il faut être dur à l'égard d'une certaine forme d'exercice du pouvoir, je crois que lorsqu'on est dans cette improvisation, dans cette désinvolture, moi j'en appelle à une République du Respect, je crois qu'il ne faut pas de fébrilité pour diriger un pays, il faut de la sérénité."

"Il y a une forme d'exhibitionnisme du pouvoir qui ne serait pas grave s'il y avait des résultats, mais quand il n'y a pas de résultat et que le pouvoir d'achat se dégrade et que la précarité augmente, à ce moment là les gens regardent les comportements et ils ont raison".

"On a souvent dit que je ne suis pas une femme d'appareil, que je préfère les débats d'idées... mais je me suis rendu compte que pour faire gagner la Gauche, pour faire gagner les socialistes, il ne fallait pas seulement des idées, il fallait aussi une organisation politique en ordre de marche."

"Il faut construire une nouvelle organisation politique avec des idées neuves qui répondent aux questions de notre temps et je suis totalement déterminée à m'impliquer dans cette tâche."

Ségolène Royal ne répond pas à la question de savoir si elle sera candidate au poste de premier secrétaire du PS, et elle affirme : "Je prendrai mes responsabilités le moment venu."

"Je suis là et bien là, et j'entends prendre toutes mes responsabilités à cette tâche, et d'abord en accompagnant les candidats dans les élections municipales, pour faire en sorte que ces élections, comme Nicolas Sarkozy vient de le dire, soient un test national. "

"Ce que je veux, c'est faire émerger une future génération de dirigeants avec des idées neuves".



par MP
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Lundi 7 janvier 2008
Message de Jean-Pierre Mignard

Chères amies, chers amis,

Le 20 Janvier prochain, Ségolène Royal interviendra lors du dernier Forum de la Rénovation du Parti Socialiste "Les socialismes et l'individu". Cela aura lieu à la Mutualité, 24 rue Saint-Victor – Paris 5e, M° Maubert Mutualité, à 9h30.

Cette réunion qui rassemblera les cadres du PS, est toutefois OUVERTE A TOUS LES ADHERENTS. Notre participation à tous est importante, pour préparer les prochaines étapes de l'évolution des méthodes et idées au Parti Socialiste.

Nous vous invitons donc à vous inscrire rapidement par email : federations@parti-socialiste.fr ou par téléphone: 01 45 56 79 07.

Merci également de diffuser cette invitation à vos fichiers.

Un conseil: arrivez tôt car l'affluence devrait être forte !

Amitiés à tous,
J’en profite pour vous adresser mes meilleurs voeux pour 2008.

Jean Pierre Mignard
par MP
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Vendredi 4 janvier 2008
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Lu dans Libération : vendredi 4 janvier 2008


Royal dégaine avant Delanoë

L’ex-candidate socialiste à la présidentielle brigue la succession de François Hollande à la tête du PS.Le maire de Paris, contraint d’attendre sa réélection en mars, sera son principal rival.
MATTHIEU ÉCOIFFIER ET DAVID REVAULT D’ALLONNES


Ségolène Royal a pris une résolution pour la nouvelle année. En 2008, elle se verrait bien première secrétaire du Parti socialiste. L’ex-candidate à la présidentielle (47 % des voix au second tour) a affirmé hier pour la première fois sa volonté de prendre la tête du PS. «Je compte aller jusqu’au bout de ce que j’ai entamé au cours de cette campagne présidentielle pour rénover la gauche», a-t-elle lancé sur France 2. Avant de préciser, en réponse à une question sur le congrès du PS fin 2008 et le remplacement de l’actuel premier secrétaire, François Hollande : «Si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, j’irai jusqu’au bout de cette démarche.»

Ce coming-out de Royal a rouvert fissa la boite à gifles. La plupart sont parties du front hétéroclite et encore souterrain des «reconstructeurs» (lire ci-contre) : du strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis à l’ex-royaliste Arnaud Montebourg, en passant par le député européen Benoît Hamon. «Avec ses deux millions de voix de retard sur Nicolas Sarkozy et le flou artistique de son offre politique et stratégique, elle n’est pas la plus légitime pour incarner la rénovation du PS», a par exemple réagi le leader du NPS.

Trancher. Ségolène Royal aura donc profité de la trêve de Noël pour trancher la question qui divisait jusqu’ici son entourage. Comme lors de la course interne à la désignation présidentielle, la présidente de la région Poitou-Charentes cherche à prendre de vitesse ses rivaux. Et notamment le plus dangereux d’entre eux, compte tenu de l’exil de Dominique Strauss-Kahn au FMI : Bertrand Delanoë, contraint de garder un pied sur le frein, campagne municipale oblige. Mais, redoutée par nombre de socialistes, la perspective d’un duel Royal-Delanoë semble désormais inévitable. «Tout le monde sait que c’est une folie, mais tout est en train de se mettre en place, résume un député. Comme un processus mécanique, qui nous amène à un nouveau congrès de Rennes…»

Reste que Royal comme Delanoë ont des motifs d’embarras. Pour la première, qui ne siège pas à l’Assemblée nationale et n’est pas candidate aux municipales, il s’agit de maîtriser le tempo. «Royal veut donner l’illusion qu’elle donne le la, car elle ne peut pas se permettre d’assister en spectatrice au sacre de Delanoë comme roi du PS à l’issue des municipales», expliquait hier un dirigeant du PS. Pour ne pas faire de la figuration pendant la campagne, des déplacements sont prévus, le premier à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), le 12 janvier. Royal devra aussi apprendre à mettre les mains dans la machinerie du parti : «Le vrai problème, si elle décide de s’organiser, c’est de savoir si elle en est capable. Il y a encore du boulot à faire…», reconnaît un proche.

Tout aussi délicate est la position de Delanoë. «Il veut s’investir d’abord dans sa campagne, ensuite dans la rénovation du PS», explique Harlem Désir. «Jusqu’au mois de mars, Delanoë est bloqué, résume un autre proche. Il ne peut guère faire plus que ce qu’il fait aujourd’hui.» A savoir, faire plancher ses amis. Et apparaître consciencieusement à tous les raouts socialistes pour faire valoir un légitimisme que n’aurait pas sa rivale. Car pour les amis du maire de Paris, c’est bien sur le terrain du rapport au parti que se jouera le match : «Pas sûr que pendant la campagne des municipales, la stratégie de Royal de diabolisation permanente du parti et d’attaque des éléphants sera vue d’un très bon œil», estime Anne Hidalgo, adjointe de Delanoë.

Belliciste. Certains proches de Royal tentent bien de tempérer l’opposition avec Delanoë, comme Michel Sapin : «Il y a entre eux des différences de culture et d’histoire. Mais je ne vois pas de points fondamentaux qui les opposent.» Mais cette vision des choses est quelque peu enjolivée, aux yeux de l’entourage de Delanoë : «On entend dire qu’il n’y a pas de différence, qu’ils abordent les questions de société de la même façon. Mais Delanoë est un progressiste, qui pratique une véritable démocratie participative. Royal, elle, cherche une relation directe avec le peuple, sans corps intermédiaire. Il y aura de toute façon une bataille.» Une vision belliciste que partageaient avant Noël certains membres du camp adversaire : «Elle doit prendre la tête de la rénovation. Et rapidement.» Ils ont été entendus.

Reste l’arithmétique : celle de la majorité, nécessaire pour l’emporter au congrès. François Hollande, qui entend toujours peser dans le jeu d’ici son départ (il a réuni mi-décembre une trentaine de premiers fédéraux), nourrit le projet d’un rapprochement politique avec son ex-compagne. Projet partagé avec certains royalistes, comme François Rebsamen ou Michel Sapin. «Il y a deux légitimités dans ce parti : celle du premier secrétaire, celle de la candidate, explique ce dernier. Il faut les additionner pour former une majorité.» Mais la parution du livre de Ségolène Royal a quelque peu compliqué cette perspective. En attendant, Royal et Delanoë semblent lancés, selon un député, comme «deux trains qui foncent à grande vitesse l’un contre l’autre».

Matthieu Écoiffier et David Revault d'Allonnes
par MP
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